Essence, caractères et matière de l’humorisme de Luigi Pirandello(1867-1936) est écrit en 1908. Dans cet article, Pirandello définit ce qu’il appelle l’humour et contredit l’avis des philologues de l’époque en le différant du mot italien umore (humeur). Face à cette nouveauté du vingtième siècle, en quoi est-ce que le “rire” de l’humour est différent des autres rires? Avec l’héritage de Lumière, peut-on encore rire avec l’humorisme?

 

   諾貝爾獎得主皮藍德婁(1867-1936)不僅是知名劇作家,也是獨樹一格的小說家;生於世紀交接的年代,他對於現代文學更有獨到的見解。他在1908年所發表的幽默主義的特色及元素Essence, caractères et manière de l’humorisme)可說為新世紀喜劇奠定了基礎,尤其在此文中,他反對同時期的哲學家將「幽默」(humour)一字之意義與一般所說的幽默(humeur,在現代法文中有「心境;情緒」的意思)混為一談,突顯他哲學方面的不凡認知與文學家的風範。那麼,究竟皮藍德婁所謂的幽默定義為何?他的幽默主義,又如何在十八世紀啟蒙運動對以莫里哀為代表之諷刺喜劇(le ridicule)的猛烈批評後,創造出新的喜劇形式?以下我將就幽默主義的特色及元素一文的內容加以分析、探討,並藉此進一步了解這個將喜劇藝術帶入新里程碑的代表思想。 

 

 

Ÿ         De l’héritage de Lumière au sentiment du contraire

  

    “ L’humorisme est toujours, plus ou moins, sous-tendu par un drame.” ( Jonard Norbert, L'introduction au théâtre de Luigi Pirandello ) La théorie de Pirandello commence par ce qu’il appelle le sentiment du contraire. “ Je vois une vieille dame aux cheveux teints, tout huileux on ne sait de quelle horrible pommade, ridiculement fardée et attifée d’oripeaux de jeune fille. Je me mets à rire.” Si l’histoire s’arrêtait ici, il s’agirait d’un rire de ridicule et non pas d’un rire d’humour. On rit de l'anomalie de cette vieille dame. “Je constate que cette vieille dame est le contraire de ce qu’une femme âgée respectable devrait être... Le comique précisément est une constatation du contraire. ”

 

    Cependant, Pirandello va plus loin:

 

    “ Mais si la réflexion vient alors qui me suggère que cette vieille dame n’éprouve peut-être aucun plaisir à se parer de cette manière, comme un perroquet, mais qu’elle en souffre peut-être et ne le fait que parce qu’elle vit dans la pitoyable illusion qu’ainsi parée, cachant ses rides et ses cheveux blancs, elle réussira à se conserver l’amour d’un mari beaucoup plus jeune qu’elle, voilà que je ne puis plus en rire comme auparavant parce que la réflexion justement, se manifestant en moi, m’a fait aller au-delà de ma première constatation ou plutôt plus au fond: de cette première constatation du contraire, elle m’a fait passer au sentiment du contraire. La réside la différence entre comique et humoristique.”

 

    Dans ce passage-là, on trouve l’influence des Lumières sur l’humorisme. Tous les deux tirent argument du comique, c’est-à-dire du ridicule. Puis, on trouve que Pirandello comprend le rire du ridicule avec un arrière-plan du drame (la raison de “l’anomalie” de la dame est comme une intrigue du drame bourgeois) et c’est pour ça qu’il a un sentiment du contraire qui fait qu’il ne peut plus rire. Selon Rousseau, le rire est immoral parce qu’il rend le vice plaisant, parce que le rire du ridicule est un rire de supériorité et donc il manque de compassion et de générosité. Ce rire est froid et cruel. L’humour affirme ce point de vue tout en inventant un autre rire (supposant on peut encore en rire) affectif et spirituel. À travers d’ “ un sentiment ambigu né de la conscience conjointe du ridicule et la raison de ce ridicule ” ( Michel Corvin, Lire la Comédie ), on ne rit plus de l’anomalie de cette dame, en revanche, on accepte cette anomalie avec sympathie et on a l’humour.

 

 

 從啟蒙時代的影響到「反感」的產生

 

    「幽默主義多多少少都以悲劇為背景。」(Jonard Norbert皮藍德婁戲劇入門)事實上,皮氏的戲劇與文學理論正是以他所謂的「反感」的產生為基礎。且看他於幽默主義的特色及元素中一開始所舉的例子:「我在路上偶然看見一個老婆婆,她把頭髮染成鮮豔的顏色,又上了髮膠整頭油亮亮地,還戴著年輕女孩用的髮飾,畫著不合自己年紀的大濃妝。我馬上忍不住笑了起來。」如果這段敘述就在這裡完全結束,我們便可以將之歸類為十七世紀法國喜劇因素的典型範例。換言之,主人翁不合時宜的舉止、過分的態度及超出常理的思考模式,都是滑稽劇中特有的角色塑造方式,也是路易十四世時期引起朝野哄堂大笑的主要情節;在上面所舉的例子也是一樣,這位老婆婆上了年紀卻還裝扮成青春少女的不當舉止,就是敘述中的笑點所在。正如皮藍德婁自己所說的:「我發現這個女士的行為正好是我們社會所期望的婦女形象的『相反』…。也就是說,這種喜劇性是來自於一種『反面現象的發現』constatation du contraire

 

    皮藍德婁進一步解釋到:「但是,如果我稍微思考後覺得,也許這位老婆婆也並不願意打扮得像隻鸚鵡一樣,或甚至為此感到痛苦,一點也不快樂;也許這只是因為她可悲地以為掩飾自己的白髮和皺紋,便能留住比自己小了很多歲的年輕丈夫的心,一想到這裡,我就笑不出來了。這時,我的思考模式讓我突破了我對這個表象的觀察,而體會到它淺在的可能意義:我的自我反省,令我在看到反面現象而感染到他的喜劇性之後,能夠改變思路而產生『反感』。這就是幽默與古典喜劇的不同之處。

 

    在皮藍德婁這一段話之中,我們不難瞥見啟蒙時代思想對幽默主義的影響。這兩者都是以古典喜劇,也就是以莫里哀為首的滑稽諷刺喜劇為其理論的出發點。然而,皮氏卻以悲劇或所謂的正劇為背景來瞭解古典喜劇(他為例子中老婆婆所預設的舉止失常理由,不就是中產階級正劇中常見的情節嗎?),這就是為什麼他會產生了「反感」而導致他笑不出來的原因。根據盧梭的言論,喜劇是不道德的,因為它會讓邪惡的行為變得有趣。對他而言,古典喜劇所引發的哄堂大笑其實是一種「充滿優越感的笑」,它缺少了同情心與寬宏大量的胸襟。換句話說,這種笑是相當冷酷無情的。幽默主義在承續此種觀念之外,卻也創造了另一種富有情感且發自心靈深處的笑(先假設在那樣的情況下我們還笑得出來)。透過「一種同時意識到滑稽現象及其理由的曖昧情感」(Michel Corvin閱讀喜劇),我們便無法取笑這位老婆婆的異常舉止,相反地,我們會富有同情心地接受她的反常。這就是幽默。

 

(譯文未完)

 

 

Ÿ         Humour intellectuel

 

 

    A partir de cet exemple, on constate que le rire d’humour vient d’une série des réflexions intellectuelles. Tout comme le grotesque qui est aussi l’héritier de Lumière, l’humour a toutefois une légèreté de l’esprit plutôt qu’une lourdeur du corps. En effet, pour expliquer comment le sentiment du contraire est né, Pirandello insiste que le processus de réflexion, la conscience ou encore la façon dont l’artiste humoristique regarde sa propre œuvre ne sont pas les même que ceux de l’artiste ordinaire. Dans le cas ordinaire, “ au moment de la conception, la réflexion se cache, demeure en quelque sorte invisible: elle est presque pour l’artiste une forme du sentiment. A mesure que l’œuvre se fait, elle la critique, non pas froidement comme un juge sans passion, en l’analysant, mais de but en blanc, selon l’impression qu’elle en reçoit.”

 

    Or, dans le cas de l’humorisme, “ la réflexion ne se cache pas, ne demeure pas invisible, ne reste donc pas comme une forme du sentiment, comme un miroir dans lequel le sentiment se regarderait. Au contraire, elle se pose devant lui en juge, elle l’analyse, en faisant taire toute passion, elle en décompose l’image.” Si l’on comprend bien, l’humour a un caractère spécial, ce qui est de juger, se moquer pendant toute la création, soit de l’artiste lui-même; soit de son personnage principal.

 

    “Alors que l’ironie et la satire donnent souvent l’impression de froideur et d’intellectualité, l’humour est plus chaleureux, n’hésite pas à se moquer de soi-même et à ironiser sur l’ironiste. Il recherche les aspects philosophiques caché de l’existence et laisse deviner une grande richesse intérieur chez l’humoriste.” (Patrice Pavis, Dictionnaire du Théâtre)

 

    On retrouve ce caractère dans l’exemple de Don Quichotte de Cervantes que propose Pirandello dans le passage suivant:

 

  “ L’auteur nous l’a imposé parce qu’il s’était imposé à lui.... Parce que cette activité qui est le fruit de sa si triste expérience de la vie- expérience qui a déterminé les dispositions humoristiques du poète- s’est déjà exercée sur son sentiment à lui, sur ce sentiment précis qui l’aura armé chevalier de la foi à Lépante. Se détachant de ce sentiment et désormais sans passion, s’érigeant en juge contre lui, dans l’obscure prison de la Manche, l’analysant avec un amer sang-froid, la réflexion a déjà imposé au poète ce sentiment du contraire dont le Don Quichotte est justement le fruit: c’est le sentiment du contraire objectivé.”

 

    On connaît peut-être moins bien l’histoire de Hidalgo, mais on pourra encore se référer à la pièce de George Tabori qui est Le Courage de Ma Mère.  Le Fils dans cette pièce s’appelle aussi George. Et il s’agit effectivement de la mère de Tabori. On pourrait dire que l’écrivain humoristique raconte sa vie en toute franchise, mais ce n’est pas simplement cela. Pirandello dit encore: “ Tout humoriste véritable n’est pas uniquement un poète: c’est aussi un critique, mais un critique, qu’on y prenne garde, ..., un critique d’imagination.” La conscience de poète se divise en deux: l’une raconte sérieusement son histoire, fictive ou vraie, et c’est la partie où le poète se mêle le plus possible; l’autre apparaît à part comme un spectateur ou un lecteur intime pour y critiquer et y juger avec un certain détachement. Cette deuxième conscience est peut-être ce qu’appelle Pirandello “le petit démon” transformé de la réflexion. La façon de création est si complexe qu’on trouve dans ce genre d’œuvre même “un défaut de composition”, ce qui est le résultat de ce petit démon qui saute sans cesse pour contredire la passion de poète. L’enthousiasme de poète se bat avec sa propre réflexion et c’est ce qui fait que l’œuvre humoristique a une profondeur ou une complexité incroyable. Pirandello nous montre comment ça fonctionne encore plus clairement avec une autre métaphore:

 

    “..., dans la conception humoristique, la réflexion est certes aussi comme un miroir, mais d’eau glacée où la flamme du sentiment ne fait pas que se refléter, mais plonge dedans et s’y éteint: le sifflement de l’eau est le rire que provoque l’humorisme et la vapeur qui s’en échappe, la fantaisie souvent fumeuse de l’œuvre humoristique.”

 

 

Ÿ        Complexe du “Moi” et crise des référents

 

 

    Dans le paragraphe précédant, nous avons vu comment la réflexion de l’humoriste marche et nous avons trouvé une richesse complexe dans la conception humoristique. Il semble évident que le rire d’humour serait un rire avec tendresse, puisqu’au premier niveau il s’agit souvent de “soi-même”, ce qui est tout au contraire de “rien ne rit en soi”. Mais est-ce qu’on rit vraiment de soi-même? Voyons d’abord un passage de Crime et châtiment cité par Pirandello:

 

    “ Monsieur, Monsieur, ah! Monsieur, peut-être que, comme tous les autres, vous tenez cela pour ridicule; peut-être que je vous ennuie en vous racontant tous ces stupides et misérables détails de ma vie domestique. Mais pour moi, ce n’est pas ridicule, parce que tout cela je le sens...”

 

    Dans ces paroles de Marmeladov, on pourrait en tirer une autre dimension qu’une raillerie simple. Il y a un aspect douloureux mais en même temps aussi une affirmation de Marmeladov lui-même. J’ose de plus de dire que ce soit une raillerie protectrice. Tout en se moquant, ce personnage humoristique prouve son existence. On pourrait le comprendre comme s’il se moquait pour qu’on ne le prenne pas pour quelqu’un de ridicule. Je sens sa force de vivre dans l’obscurité malgré lui. 

 

    “ L’humour n’a pas seulement quelque chose de libérateur, comme la plaisanterie et le comique, mais aussi quelque chose de grandiose et édifiant: traits que l’on ne trouve pas dans les deux autres sortes de gain de plaisir par activité intellectuelle. Ce qu’il y a de grandiose provient de toute évidence du narcissisme et de l’individualité victorieusement affirmée du moi .” ( Freud, citée par Patrice Pavis dans Dictionnaire du Théâtre)

 

    La moquerie de Marmeladov a également une mise en scène de l’intelligence. Il est conscient de son ridicule et c’est pour cela qu’il n’est pas, ou il ne se tient pas pour ridicule. Autrement dire, c’est avec cette ironie amère de lui-même qu’il triomphe dans son esprit et qu’il peut “rire” de lui-même. Il y a un besoin de l’affirmation du “Moi” manifestée sur lui. Mais ce n’est pas le même sentiment de triomphe du “Moi” que celui du grotesque. D’après Baudelaire, le rire grotesque vient d’un phénomène chrétien: le rire est un sentiment de triomphe parce que malgré l’état de la chute persiste dans l’homme une flamme de l’orgueil. Le rire égale la révolte, il est satanique. Quant à l’humour, l’affirmation du “Moi” y existe mais ce n’est pas un orgueil, par ailleurs elle n’a rien à voir avec le Dieu. Selon la pensée de Pirandello, nous vivons dans une époque où l’on ne croit plus rien ou l’on n’a plus rien à croire. Il n’a même pas parlé de Dieu dans son texte comme si le Dieu n’existait pas. Il abandonne la religion, le dernier idéal possible dans le rire de la modernité.

 

    Il s’agit d’une crise de référence. Comme Artaud et beaucoup d’autres auteurs dramatiques  du vingtième siècle, Pirandello nous indique une angoisse énorme dans l’existence de l’individu. Dans le grotesque, ce qu’on a perdu est son innocence; tandis que dans l’humour, on a perdu son âme. L’homme est manipulé par la société où il vit: “ Que sont au fond les rapports sociaux de nos convenances? Des considérations de calcul dans lesquelles la moralité est presque toujours sacrifiée.” “ L’âme de la race et de la collectivité à la quelle nous appartenons vit dans notre âme; la façon dont autrui juge, sa façon de sentir et d’agir exerce sur nous son influence, sans que nous en ayons conscience.” En suite, il est pris par l’illusion qu’il se fait de lui-même et il ne sait plus qui il est.

 

    “ Est-ce que nous nous voyons  vraiment dans notre réalité pure et simple, tels que nous sommes, et non pas plutôt tels que nous souhaiterions être? Est-ce que par une artifice intérieur et spontané, fruit de secrètes tendances et d’inconscientes imitations, nous ne nous croyons pas de bonne foi différents de nous-même aussi fictive que sincère que nous pensons et agissons, que nous vivons.”

 

    Pirandello constate donc que notre vie est fondée sur deux mensonges: le mensonge social et le mensonge psychologique. L’un aussi courant que l’autre. Toutefois, le mensonge psychologique est lié à la lutte pour la vie: “ Plus la lutte pour la vie est pénible et plus cette lutte vous rend conscient de votre propre faiblesse, plus le besoin de se tromper mutuellement s’amplifie.” Parce que notre vie n’a pas toujours un but déterminé, “ il faut que chaque homme, à son niveau bas ou élevé, en possède un particulier fictif et illusoire, s'il ne veut pas tâtonner dans le vide.” Certes, il s’agit de l’absurdité de la vie elle-même. L’humour démasque tout pour nous mais en même temps il affirme tout: nos visions fictives de nous-même, notre faiblesse, notre monde illusoire. Il admet la fausse apparence tel qu’elle est tout en nous montrant la vérité. L’homme a besoin de se mentir, comme la vieille dame qui se croit pouvoir se conserver l’amour de son jeune mari par une apparence ridicule. L’humoriste comprend la vie et “ au lieu de s’indigner, tout en riant, il compatira.”

 

    Concluons un peu: le besoin de l’affirmation du “Moi” dans l’humorisme vient justement de cette crise des référents.  Notre vie est un “ridicule” qui n’a rien de comique. On peut presque dire que ce soit une anomalie universelle. Il existe derrière chacun de nous une tristesse, une noirceur, quelque chose d’amère qu’on n’ose peut-être pas y regarder dans notre miroir de réflexion. Mais on continue son chemin fondé sur un but illusoire avec un plus grand sérieux. L’homme “ a besoin de croire vraies, besoin de prendre au sérieux!” C’est cette affirmation malgré tout “ en donnant à l’hypocrisie l’apparence de la sincérité” qui est au fond de la pensée d’humour.   

 

 

Ÿ         Refus de toute valeur absolue

 

 

 

    Selon ce qu’on a déjà vu, il existe une contradiction dans la manière dont un humoriste compose son texte, ce qui fait qu’il existe aussi une contradiction dans “l’état d’âme” qu’il souhaite susciter. C’est le rire de l’humorisme. Ce qui est tout à fait le cas de Hidalgo:

 

    “ Nous aimerions bien rire, mais ce n’est pas un rire franc et facile qui nous montre aux lèvres. Nous sentons que quelque chose le trouble et s’y oppose: un sentiment de commisération, de tristesse et également d’admiration, car si les aventures héroïque de ce pauvre Hidalgo sont totalement ridicules, il ne fait cependant aucun doute que, sous ce ridicule, il est vraiment héroïque.”

 

    Le rire d’humour est aussi complexe que son œuvre. Pour Pirandello, cet état d’âme que voudrait susciter le poète est en effet une perplexité, elle vient évidemment aussi du sentiment du contraire. Pirandello nous en suite explique avec l’histoire de Don Abbondio. Ce pauvre curé est un poltron qui n’a pas de courage de son devoir. Mais Manzoni l’a choisi pour la mission du prêtre au lieu d’un héros car “ il écoute également la voix des faiblesses humaines ”. Don Abbondio est peut-être méprisable mais son histoire peut nous susciter aussi la compassion. On pourrait dire qu’il y a une idée de l’anti-héroïsme dans l’humour, mais c’est justement grâce à cela que nous prenons ce prêtre en pitié. Parce que nous comprenons très bien sa médiocrité tout comme la nôtre.

 

    “...mais c’est une compassion qui du même coup, nécessairement, provoque des horreurs... Somme toute, le poète nous invite à la compassion pour ce pauvre curé en nous obligeant à reconnaître que tout ce qu’il sent, tout ce qu’il éprouve est humain, propre à nous tous, pour peu que nous interrogions notre conscience.”

 

    En fait, on trouve que Pirandello refuse non seulement le héroïsme classique mais aussi presque toute valeur absolue. Baudelaire considère encore le grotesque comme “le comique absolu”. Cependant, Pirandello nous déclare que l’art, comme la logique, “tend lui aussi à fixer la vie.” Ou pour ainsi dire, ce que Pirandello refuse est une simplification de la nature de chose. Selon la crise des référents dont on a parlé dans le paragraphe précédent, l’homme ne se connaît même pas. Comment peut-on encore croire quoi que ce soit?

 

    L’un côté dit “Oui”, l’autre côté dit “Non”, le sentiment que provoque l’humour reste dans une perplexité perpétuelle, tout comme la vérité de l’existence humaine.

 

 

 

Ÿ        Conclusion- rire ou ne pas rire?

 

 

    L’humour différé par Pirandello de satirique, comique et ironique, est effectivement un phénomène spécial du vingtième siècle. A travers d’une série des réflexions intellectuelles, l’homme met en doute sa propre existence. Il n’y a plus de norme dans le monde de l’humour, par contre, il accepte toute sorte de l’anomalie, qui est véritablement la réalité. En outre, c’est avec, malheureusement, toute cette anomalie qu’on lutte pour vivre. L’humour démasque l’homme et la société où il vit avec une sagesse et une compréhension. Quant au rire d’humour, on y voit un aspect très délicat puisqu’il s’agit de la réalité de tout. Le rire que l’humour provoque est un rire de perplexité. Il naît dans ce rire au moins deux sentiments contradictoires à la fois: un mépris contre une sympathie, une admiration contre un horreur ...etc. Tandis que le poète humoristique se juge avec une objectivité, le sentiment qu’il provoque chez le spectateur est plutôt divers. Il est si vrai que nous sentons l’angoisse et le désespoir au fond de chaque âme, ce qui fait parfois qu’on n’arrive plus de rire. En effet, on se trouve dans une autre angoisse tout en riant.  

 

 

 

本文為作者原創,如需轉載請先詢問,謝謝。

 

 

卡兒 發表在 痞客邦 PIXNET 留言(0) 人氣()